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A PLAT, L’HORIZON
Benoît Géhanne

Exposition du 18 janvier au 22 mars 2019
LAC&S Lavitrine : ouvert du mercredi au samedi de 14h30 à 18h30.

Vernissage le jeudi 17 janvier à 18h.

LAC&S Lavitrine : ouvert du mercredi au samedi de 14h30 à 18h30

Cette exposition est un partenariat entre Chamalot – Résidence d’artistes et LAC&S Lavitrine.

 

Confronter le regard à ce qui échappe : qu’y a-t-il derrière l’horizon ? C’est, en quelque sorte, la question qu’élabore Benoît Géhanne avec À plat, l’horizon. Cette exposition présente des œuvres réalisées dans le cadre d’un projet avec Chamalot-Résidence d’artistes et poursuit une recherche menée avec l’exposition Retenue (1/06 au 30/09/2018). À plat, l’horizon propose ainsi un point de vue documenté cheminant entre trois barrages hydrauliques : celui de Bort-les-Orgues, de l’Aigle et du Chastang. De ces barrages, Benoît Géhanne a collecté des gestes, des couleurs, des bruits, des lignes à l’aide de photographies et de dessins. Ces documents sont devenus la matière première à découper. Benoît Géhanne n’a pas retranscrit l’espace de ces barrages mais bien la déflagration que leur masse de béton nous impose.

Imaginons ainsi que, face à ces barrages et la saturation de matière qui nous submerge, nous suivons les détours d’une ligne. Cette ligne s’organise par instants et laisse voir par soubresauts. Quelque chose émerge et disparaît. Quelque chose : presque rien, des spasmes cassent peu à peu le trop grand. Ici, des formes métalliques reprises à l’huile sur des plaques d’aluminium révèlent dans leur épaisseur des vues coupées des barrages ou des machines. Là, des dessins, telles des photographies, laissent apparaître dans un tracé-décalque des détails de ces barrages-paysages. Peu à peu, la ligne se fait fiction : elle raconte non pas ce que l’on voit mais ce que l’on sent face au trop grand. Le dedans et le dehors se confondent alors. Plus exactement, l’entoure de l’œuvre participe à l’œuvre et le vide, s’intercalant entre deux formes pleines, inscrit son poids et sa présence dans le visible. L’espace crée les limites du visible et quand ce visible n’a plus de limite, nous recréons de l’espace pour le comprendre : tenter de le faire notre.

Benoît Géhanne installe une chose après une autre : une couleur, un bruit, une forme, un trait. Plus rien ne nous contraint, ni l’angoisse, ni la masse, seul le vide s’offre comme la retenue possible de ces barrages trop pleins. Le vide pour faire passer un amas de matière, la ligne pour faire sentir tout le relief de l’horizon. L’horizon mis à plat, le barrage mis à nu par ses regardeurs mêmes.

Emilie Houssa