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Human services

Exposition visible du 21 février au 17 avril 2020
Vernissage le jeudi 20 février à 18h00

AVEC : Ursula BIEMANN, Lauren HURET, Sasha ROMASHKO, Stéphane DEGOUTIN / Gwenola WAGON, Silvio LORUSSO, Sebastian SCHMIEG, Jennifer LYN MORONE, Elisa GIARDINA PAPA, Marilou PONCIN, Leslie RITZ / Julien SALBAN-CREMA.

COMMISSARIAT D’EXPOSITION : Franck BAUCHARD et Jean GILBERT.

EVENEMENTS
20 Février
19h00 : performance de Leslie Ritz et Julien Salban-Créma, à l’occasion du vernissage
19h30 : Lecture de Nathalie Quintane, à l’occasion du vernissage

21 Février
14h30 : Visite de l’exposition Human services, animée par Franck Bauchard, commissaire de l’exposition, et les artistes présents.
16h30 (hors les murs) : Conférence débat avec Yves Citton au CIRA Limoges.

Exposition réalisée par l’association PAN! et LAC&S – Lavitrine, dans le cadre du Printemps des poètes 2020.
LAC&S Lavitrine : ouvert du mercredi au samedi de 14h30 à 18h30

 

Human Services est une exposition consacrée aux nouvelles formes de travail provoquées par les réseaux de communication réunissant une dizaine d’artistes de divers horizons, de la région à l’international.
Si à une époque la cybernétique a été le vecteur des formes utopiques de travail marquées par la convivialité, l’horizontalité et l’efficacité, nous sommes aujourd’hui devant des réalités autrement plus difficiles.
Human Services met en exergue et en relation trois phénomènes concomitants, mais habituellement dissociés, et qui pris ensemble esquissent les contours d’un monde du travail en mutation marqué par une précarité croissante.
L’hyper-emploi est le terme qui désigne notre activité en ligne et la manière dont elle contribue à créer des données et de la valeur confisquées par les grandes plateformes numériques.
Celles-ci ont considérablement développé le travail immatériel rémunéré au prix d’une dégradation dramatique des conditions du travail. Il englobe désormais l’espace privé et s’agence sur la temporalité continue et sans fin du 24/7. Un taylorisme dit numérique organise et calque le travail humain sur le temps de la machine.
Les plateformes numériques sont enfin aujourd’hui des facteurs décisifs de l’intégration et de la globalisation économique. Elles constituent une infrastructure globale et planétaire produisant un gigantesque sous-marché de l’emploi basé sur le travail à distance. Les données, les compétences et la force de travail peuvent désormais circuler sans entrave alors que les individus sont immobilisés. La notion de migration virtuelle a été avancée pour désigner cette nouvelle configuration globale du travail où il y a migration sans migrants.
Pour la plupart très récentes, les œuvres de l’exposition explorent sous divers angles ces dynamiques qui convergent vers un biocapitalisme où la vie finit par se confondre avec le travail. Elles multiplient aussi les registres, de l’effroi à l’humour, tout en pointant de manière insistante la vulnérabilité des plus fragiles face à ces évolutions.
Franck BAUCHARD

 

LES ARTISTES / LES ŒUVRES

Ursula Biemann, Remote sensing, 2003 Essai vidéo, 53 mn
Résultat de deux ans de recherche, Remote Sensing (Captations à distance) est une vidéo en split screen qui dessine les topographies du commerce globalisé du sexe, en lien avec les médias satellitaires et autres technologies de l’information géographique qui permettent de visualiser une globalité. La vidéo met au jour une géographie multicouche où la mobilité et la migration des femmes est liée aux économies illégales et aux implémentations des nouvelles technologies.
https://www.geobodies.org/

Stéphane Degoutin / Gwenola Wagon, L’individu terminal, 2020
Manuel pour salle de réunion, table et chaises.
L’individu-terminal travaille dans un entrepôt Amazon, conduit des personnes pour Uber, livre des repas ou des produits pour Foodora, rend des petits services avec Lulu dans ma rue, se déshabille sur la plateforme LiveJasmin… like son selfie sur Instagram, tombe amoureux sur Tinder, habite chez Airbnb, partage la forêt qui brûle sur YouTube Etc.

Lauren Huret, Praying for my haters, 2019
Boucle vidéo 4K, 17 minutes. Création sonore : Antoine Bellini Co-production : Centre Culturel Suisse Paris, Pro Helvetia
L’artiste Lauren Huret est partie à Manille aux Philippines, en Juin 2018, afin d’enquêter sur le travail des modérateurs et modératrices de contenu, exposés à des milliers d’images traumatisantes chaque jour. Ces personnes, engagées par les entreprises des réseaux sociaux tels que Facebook, trient sans relâche les « contenus utilisateurs » pouvant circuler sur les plateformes en ligne et déterminent de leur libre circulation. Lauren interroge les conséquences psychiques et physiques de ce travail à travers son concept « d’images maudites », ainsi que ses effets à long terme pour nos sociétés.

Silvio Lorusso, Shouldn’t You Be Working?, 2016
Shouldn’t You Be Working ? (Tu Ne Devrais Pas Travailler ?) est le message que StayFocusd, un plugin de navigation comptant 600 000 utilisateurs, fait défiler sur votre écran quand le temps que vous avez réservé aux réseaux sociaux et à la procrastination est épuisé. Mais pourquoi garder pour le seul écran la honte de la paresse ? Avec le sticker Shouldn’t You Be Working ?, l’angoisse du travail vous accompagnera partout.
https://silviolorusso.com/work/shouldnt-you-be-working/

Silvio Lorusso & Sebastian Schmieg, Five Years of Captured Captchas, 2017
Five Years of Captured Captchas (5 ans de captchas capturés) est une série de cinq livres format leporello d’une longueur totale de 90 mètres, la chronique de chacun des captchas que nous avons résolus pendant cinq ans. Reconnaissant que la plus grande partie de ce travail a été fait pour Google, Five Years of Captured Captchas est aussi un rapport quinquennal qui célèbre une collaboration féconde avec cette entreprise.
http://five.yearsofcapturedcapt.ch/as

Jennifer Lyn Morone, Meeting minutes vidéo 5’25’’
On attend des sociétés que leur conseil d’administration se réunisse au moins une fois par an. Le « procès-verbal de séance » est une procédure nécessaire visant à produire un compte-rendu synthétique de ce qui a eu lieu. Dans Meeting Minutes, Morone apparaît en tant que directrice, trésorière et secrétaire de JLM inc., ce qui illustre les multiples identités qu’elle a du prendre pour remplir les différentes tâches indispensables pour devenir une société.
http://jennifermorone.com/meetingminutes.html

Elisa Giardina Papa, Technologies of care Installation vidéos
Technologies of Care (Technologies du soin) documente les nouvelles façons d’externaliser le service et le travail de l’affect, explorant des sujets tels que l’empathie, la précarité et le travail immatériel. Les travailleurs interviewés sont basés au Brésil, en Grèce, aux Philippines, au Vénézuela et aux États-Unis. À partir de nombreux sites et applications, ils fournissent aux clients des produits et des expériences personnalisées, de la stimulation érotique, de l’accompagnement et du soutien affectif.
http://www.elisagiardinapapa.org/

Marilou Poncin, Welcome to my room
Vidéo, 13’
Welcome to my room est une invitation dans le monde du caming. Vous y trouverez: deux filles, deux chambres, deux ambiances ainsi que deux points de vue sur cette pratique de la sexualité en ligne. Entre confessions, questionnements sur la féminité, jeux de rôle et conversations salaces sur les chats, vous partagerez avec elles un moment hors du temps, dans le monde des fantasmes virtuels.
Actrice – Inès Chabant & Regina Demina Assistante réalisatrice – Kiana Hubert-low Chef opérateur – Raimon Gaffier Assistant lumière – Nils Maisonneuve Son – Paul Kusnierek & Yohann Henry

Leslie Ritz / Julien Salban-Créma, C to C by D&G 21, 2017
Evénement avec structure en bois, édition papier, textiles et papiers peints
Pour sa deuxième édition et apparition “en dur”, Dick and Gina voudraient restituer leur nouveau “cornet”, édition de feuillets libres retraçant les points forts de leur présence sur la plateforme de pornographie amateur live Chaturbate.
C’est par un discours, qu’ils débuteront l’inauguration de leur live et mettront à jour les logiques du lieu qu’ils infiltrent. L’édition papier est conçue comme un ensemble de documents qui rassemble ce qui constitue les conditions de travail de Dick and Gina eux-mêmes, fiction documentée, constellation archivée et dérives esthétiques de la plateforme. Pour les nouveaux travailleurs de la jouissance en ligne, Dick and Gina n’est pas un syndicat. Sans revendication, ils travaillent pourtant à opérer en miroir constant de la plateforme.
1 Consumer to Consumer / Chaturbate to Capital, Dick and Gina

Sasha Romashko, Tinder, 2017-2019
(projet en cours, nombre de portraits indéfini) Série de portraits, 8×10 cm chacun, huile sur toile.
Swipe right, swipe left – voilà une série des visages captés et oubliés tout de suite ; une histoire de rencontres sans vis-à-vis avec ceux qui prétendaient mettre en avant leur individualité, leur unicité, et qui, paradoxalement, font partie d’une foule dépersonnalisée et anonyme.
My Friend, 2015 4 parties, 40×30 cm chacune, gouache sur papier.
Lorsque le signal est faible l’image sur Skype se pixellise, se détruit. On perd une partie de l’information qu’on reçoit de notre interlocuteur. Que deviennent pour nous les images de nos proches qu’on voit plus souvent sur Internet que dans la vie réelle ? À mes amis.