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Affiche PlaytimePlaytime

AVEC : Guillermo Mora, Hisae Ikenaga, Jean François Leroy, Miguel Angel Molina.
COMMISSARIAT : Miguel Angel Molina

Exposition visible à Lavitrine, du 9 octobre au 29 novembre 2019.
Vernissage le samedi 5 octobre à 17h.

LAC&S Lavitrine : ouvert du mercredi au samedi de 14h30 à 18h30

 

« Il faut […] instaurer entre l’homme et l’immense appareillage technique de notre époque, un “espace de jeu” inédit « 
Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique.

 

Walter Benjamin développe une première réflexion sur le jeu dans les souvenirs biographiques qui apparaissent dans la Chronique berlinoise et Enfance berlinoise autour de 1900. Il définit le jeu comme un travail de l’imagination mimétique sur la matière du monde. Le jeu produit une expérience authentique (anti-fonctionnelle) des choses.
Le jeu permet de détourner des objets de la vie ordinaire de toute fonctionnalité, utilité et rationalité : cette activité de détournement rapproche à son tour les ontologies du jeu, du langage et de la création, sous le prisme d’une même technique créatrice.

Playtime désigne ainsi le moment de la recréation ou le temps de jouer comme nous pourrions traduire littéralement de l’anglais. Playtime incarne pour ces artistes, le temps d’une alchimie improbable, d’une recherche fondamentale à l’écart des logiques qui régissent le monde..
À une époque où l’on s’interroge sur les désastres de la technique, le jeu désigne selon Benjamin le point de convergence de deux techniques « positives » car non rationalisées, la « première technique » étant la magie et la « seconde technique » reposant sur le jeu et l’expérimentation créatrice. Comme le langage, le jeu confère, par cette même activité de détournement, une aura poétique et métaphysique aux choses.

L’enfant est l’acteur par excellence de cette activité. Il trouve de l’autre dans le même, relie deux choses apparemment sans lien, construit des ponts invisibles, et pourtant cristallisables dans le langage, entre les choses : ceci en raison non pas de son statut d’enfant, de sa plus grande proximité avec une sorte d’innocence originaire ou de naïveté primitive, mais du rapport privilégié avec les choses qu’il acquiert par le jeu. Le jeu permet d’atteindre une sorte d’authenticité des choses par un travail non fonctionnel sur la matière du monde.

D’un côté, les enfants éprouvent le matériau dans et par le jeu, au double sens d’en faire l’expérience et de le mettre à l’épreuve, d’en vérifier la résistance. De l’autre, la mise à l’épreuve du matériau est productrice de nouvelles significations culturelles.

Les artistes présentés ont on commun une vision ludique de la création, de l’assemblage et du mix qui ont pour objectif la création de nouvelles réalités loin des classifications génériques.